Març 2.016 – Parmi les chefs de la Résistance armée morts pour la France : Le Catalan Conrad Miret i Musté – Charles et Henri Farreny

 

Parmi les chefs de la Résistance armée morts pour la France:

Le Catalan Conrad Miret i Musté

Le 8 mai marque le 70ème de la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie. N’oublions pas les artisans de cette victoire tombés en chemin avant l’aurore : grâce à eux nous vivons libres.

Conrad Miret i Muste est né le 5 avril 1906 à Barcelone. Très jeune il milita contra la monarchie espagnole au sein de l’Union Socialiste Catalane. La République est proclamée en 1931 tandis qu’en Allemagne et en Italie montent le nazisme et le fascisme. En juillet 1936 pour faire face au soulèvement militaire en Espagne, soutenu par Hitler et Mussolini, les groupes socialistes et communistes de Catalogne fusionnent pour créer le Parti Socialiste Unifié de Catalogne (PSUC). Militant du PSUC Conrad Miret combat dans les rangs de l’armée de la République avec le grade de commandant de bataillon, jusqu’à ce que les troupes franquistes, allemandes et italiennes occupent la Catalogne.

Il entre en France début février 1939 et se retrouve enfermé d’abord au camp de concentration d’Argelès et ensuite à celui de saint Cyprien. En juin 1940 il arrive à Paris au moment ou les allemands occupent la capitale. Immédiatement il prend contact et se réunit clandestinement avec les espagnols récemment réfugiés en France, ainsi qu’avec ceux qui y étaient déjà avant 1939, qu’ils soient communistes, socialistes, anarchistes, ou d’autres sensibilités républicaines. Il fait partie de ceux qui éditent dès le 1er mai 1941 le journal « Reconquista de España ». Le journal sera diffusé en zone occupée et en zone libre. Il préconise la constitution d’un « Nouveau Front populaire pour conquérir la République en Espagne ». Dans le sillage de ce journal, se constituent dans les deux zones, des comités locaux de l’Union Nationale Espagnole, (UNE).

Les espagnols qui créent UNE pensent que la libération de l’Espagne passe par la libération de la France – ils coopèrent avec les français mais aussi avec les étrangers émigrés ou réfugiés qui les avaient aidés entre 1936 et 1939 à combattre contre la coalition fasciste européenne et qui n’acceptent pas l’occupation allemande. Conrad Miret est en contact avec les responsables du Parti Communiste Français ainsi qu’avec ceux de la CGT, lesquels au même moment, en mai 1941, participent à la création du Front National (plus précisément Front National pour l’Indépendance de la France). En particulier, Conrad Miret qui est en relation avec les militants de la Main d’œuvre Immigrée (MOI) regroupés sous ce sigle au sein de la CGT (pour certains antérieurement au sein du PCF), en fonction de leur nationalité, italiens, roumains, polonais …

Moins d’un an plus tard, au printemps 1942, le Front National se dotera d’un corps armé : Les Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF) pendant que la UNE aura établi les bases du 14ème corps de Guérilleros Espagnols en France. Plus tard Groupement de Guérilleros Espagnols, qui sera une composante des Forces Françaises de l’Intérieur. Mais Conrad Miret ne connaitra pas ce printemps 1942.

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Fin août 1941, Conrad Miret commande les premiers groupes de combat composés de militants du MOI, (quelques dizaines d’hommes au total) qui en plein Paris attaquent les allemands. Il sera détenu le 12 février 1942 par la police française dont les archives lui attribuent la responsabilité d’une quarantaine d’attentats, identifiés, commis entre fin août 1941 et début février 1942, Parmi ces attentats on compte des incendies, des attentats à la bombe, des attaques au revolver. (Voir la photo prise lors de son arrestation le 21 février 1942).

Après son arrestation Conrad Miret a subi deux semaines d’interrogatoires et de tortures. Remis le 26 février aux autorités allemandes, il décède le 27 à la prison de la Santé à Paris. C’est la raison pour laquelle, malgré que son nom apparaisse sur l’acte d’accusation, il ne sera pas présent au procès dit, de la Maison de la Chimie, qui aura lieu début avril 1942 et qui se terminera par la condamnation à mort de 25 des 27 accusés.

C’est au moment du procès que sont créés les FTPF et que les FTP- MOI succèdent aux MOI. A Paris les FTP – MOI sont dirigés par le roumain Boris Holban jusqu’à fin août 1943, il est remplacé par l’arménien Missak Manouchian jusqu’à la détention de ce dernier le 21 février 1944. Missak Manouchian sera fusillé le 21 février 1944. Heureusement sa mémoire et celle de ses camarades de l’Affiche Rouge, rendue célèbre par Louis Aragon et Léo Ferré, sont honorées depuis longtemps.

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Grace aux recherches et au travail de l’Amicale des Anciens Guérilleros Espagnols en France. Conrad Miret a pu être déclaré officiellement Mort pour la France, par L’office National des Anciens Combattants, au mois de mai 2013. Au mois de juin 2014 la mairie de Paris a inauguré une plaque commémorative en souvenir de son sacrifice, plaque fixée sur le mur de la prison de la Santé.

Il est nécessaire d’honorer d’autres héros dont le sacrifice est resté trop longtemps inconnu par la Résistance, tels que José Baron Careño, chef des guérilleros espagnols de la zone nord (zone occupée), tombé à Paris le 19 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne, à deux pas de l’Assemblée Nationale.

Charles et Henri Farreny
professeurs retraités, membres de l’Amicale des anciens guérilleros espagnols en France

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